"La première chose qu’il faut faire, c’est prendre soin de votre cerveau. La deuxième est de vous extraire de tout système d’endoctrinement. Il vient alors un moment ou ça devient un réflexe de lire la première page de votre journal en y recensant les mensonges et les distorsions, un réflexe de replacer tout cela dans un cadre rationnel. Pour y arriver, vous devez encore reconnaitre que l’Etat, les corporations, les medias et ainsi de suite, vous considèrent comme un ennemi; vous devez donc apprendre à vous défendre. Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle." Noam Chomsky.

" Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ". Albert Einstein.

jeudi 27 janvier 2011

"Nous n’avalerons pas la couleuvre de la stabilité économique aux dépends de la démocratie", affirme Moustapha Ben Jaafar






Comment voyez-vous la composition d’un gouvernement transitoire?
J’estime qu’il ne faut pas faire du rafistolage. Ce que nous voyons aujourd’hui part d’une bonne intention mais ne correspond pas du tout aux exigences du moment. Ceux qui aujourd’hui sont placés en position de négocier n’ont pas compris que les gens refusent définitivement de construire du neuf avec du vieux.


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  • Webmanagercenter: Moustapha Ben Jaafar, vous étiez sur la liste des ministres du gouvernement de transition et vous vous êtes rétracté avant d’avoir été nommé officiellement. Pourquoi?
    Moustapha Ben Jaafar: Nous sommes partis du principe que nous devions tous œuvrer à sauver le pays et assurer une véritable transition. Notre souci principal était l’intérêt national. Nous savons que les périodes de transition sont très délicates et qu’il fallait aborder sans esprit partisan parce que dans les périodes transitoires, tous les scénarios sont possibles et toutes les menaces sont envisageables.
    Notre souci fondamental était de protéger cette révolution spontanée, imprévisible et inattendue, que personne ne soupçonnait, mais qui est venue couronner des dizaines d’années de résistance de personnes de tous bords, morts parfois sous la torture, d’hommes et de femmes qui ont été emprisonnés et privés de conditions de vie décente. Toutes ces forces ont quelque part posé les jalons pour cette révolution venue sacrer cette résistance et ces sacrifices. Nous n’avions donc pas le droit de la trahir ni le droit de la confisquer, nous devions respecter un seul mot d’ordre, à savoir le changement réel et pas celui du 7 Novembre.
    Ceci implique un changement qui ne laisse aucune place, aucune possibilité à un retour éventuel à la case de départ. Le peuple a non seulement rejeté Ben Ali comme symbole mais aussi son système. Il ne pouvait donc pas se satisfaire du seul départ de Ben Ali, il fallait que tout le système change.
    Malheureusement, malgré tout ce que nous avons présenté comme argument, notre partenaire qui tient les commandes ne voyait pas les choses ainsi et n’avait pas, à notre sens, la vraie mesure de l’ampleur de ce rejet et le fait qu’il s’agisse bien d’une révolution.
    Vous parlez là du Premier ministre, Mohamed Ghannouchi ?
    Bien entendu. Nous avons l’impression que les mesures qu’il prend viennent toujours de manière décalée, en retard par rapport aux attentes. Les mesures prises sont positives bien sûr mais ne sont pas venues en un seul paquet. Elles sont distillées, saucissonnées, comme si nous étions dans une situation normale. Alors que nous sommes dans une révolution et qu’il faut prendre la méthode conforme à la révolution, c'est-à-dire une rupture claire et nette avec le passé.
    Nous n’y sommes pas arrivés. Je voudrais préciser de nouveau qu’il ne s’agit pas d’une remise en cause des portefeuilles ministériels ou de la répartition des responsabilités. Il s’agit d’un gouvernement de transition dont la mission est de conduire les affaires urgentes du pays. C’est un gouvernement qui, dans sa formule actuelle, ne peut être un gouvernement d’unité nationale puisqu’un certain nombre de partis qui ont leurs poids dans la société n’y ont pas adhéré. Il faudrait donc réviser la copie pour un gouvernement  transitoire qui gère les affaires courantes pendant six mois, accompagné d’une structure que nous appellerons ce que nous voudrions mais qui sera politique et ouvrira la porte à toutes les sensibilités pour préparer les prochaines élections.
    Nous aurions, dans ce cas, un gouvernement représentatif puisque technique et nous mettrons ensemble le train de la démocratie sur les rails.
    Comment voyez-vous la composition d’un gouvernement transitoire?
    J’estime qu’il ne faut pas faire du rafistolage. Ce que nous voyons aujourd’hui part d’une bonne intention mais ne correspond pas du tout aux exigences du moment. Ceux qui aujourd’hui sont placés en position de négocier n’ont pas compris que les gens refusent définitivement de construire du neuf avec du vieux.
    Est-ce que la nécessité d’une reprise économique ne justifierait pas que l’on se suffise de ce qui nous est offert aujourd’hui?
    C’est toute la question du verre à moitié vide et celui à moitié plein. Bien sûr que la Tunisie ne peut pas souffrir encore d’une panne sur les plans du fonctionnement et celui économique. Mais il faut être conscient que nous vivons une révolution. Une révolution ne se fait pas tous les ans, il y a une révolution par siècle et si le peuple, pour une fois, s’est exprimé clairement, c’est pour un changement politique qui doit être la priorité des priorités. Nous ne perdons pas du tout de vue la nécessité de réduire au maximum les sacrifices mais il faut qu’on comprenne aujourd’hui qu’il s’agit de mettre le pays sur les rails du pluralisme et de la démocratie.
    Nous avons été leurrés pendant 20 ans durant lesquels on nous a raconté le miracle économique tunisien, qui n’en était pas un. Aujourd’hui, on nous parle de l’importance de la stabilité et de la nécessité d’éliminer les extrémistes dont les intégristes. Ce n’est pas une raison pour que nous avalions la couleuvre de la stabilité économique aux dépends de la démocratie.
    Que proposez-vous comme solution pour passer à l’étape suivante?
    Je propose un gouvernement de technocrates progressistes sans couleurs politiques pour conduire les affaires courantes du gouvernement. Ils seront accompagnés par un conseil national représentant tous les partis pour préparer la carte politique du pays ainsi que les élections présidentielles et parlementaires.
    Que pensez-vous des réactions à l’international par rapport à ce qui est arrivé en Tunisie?
    Le monde entier a été aussi surpris que nous. C’est un message fort qui provient de la Tunisie et qui aura des répercussions tout d’abord sur le monde arabe, les peuples n’auront plus peur de leurs gouvernants et sauront qu’ils peuvent retrouver leur liberté et leur dignité. Quant aux Occidentaux, ils réalisent aujourd’hui qu’à être aveuglés par les intérêts économiques et financiers, presque mercantiles, ils ont perdu de vue l’essentiel de la vie d’un peuple: la liberté, les droits de l’homme et la démocratie. Aujourd’hui, beaucoup doivent s’en mordre les doigts et devraient réviser leurs copies vis-à-vis non seulement de la Tunisie mais de tous les peuples opprimés dans le monde.


mercredi 26 janvier 2011

Ni RCD Ni Chaos, Nabil Gmati, universitaire.

         Nous avions lancé dès le jeudi 20 janvier à l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Tunis une lettre ouverte au gouvernement Tunisien pour demander la démission de cinq ministres du gouvernement de transition. Depuis, Mr Mdhafar a eu la sagesse de se retirer. Notre demande était la conséquence de l'inquiétude suscitée par la situation de crise que nous vivons depuis la chute du dictateur et de notre volonté d'apaisement afin de permettre que le gouvernement de transition puisse travailler sereinement sans la pression de la rue.

    Il est lamentable de voir que la majorité de ceux qui s'expriment ne nous présentent que deux alternatives, accepter le gouvernement actuel avec une main mise totale du RCD qui s'accroche au pouvoir ou bien le chaos. Aucun effort pour nous convaincre pourquoi on n'a pas d'autre choix. Autrement dit, la politique qui consiste à prendre le tunisien  pour un abruti incapable de prendre ses décisions tout seul, continue. Elle continue, non seulement de la part des membres du RCD, mais aussi de l'UGTT, et des autres partis politiques d'opposition. Manifestement, tout le monde est pris de court par l'enchainement des évènements, et notre « élite » politique n'a pas le temps d'adapter son discours. Alors, moi je ne suis pas du tout convaincu et je continue à soutenir la lettre ouverte au gouvernement tunisien d'unité nationale qui a recueilli jusqu'à présent plus de 300 signatures parmi les acteurs de la société civile, ainsi que de plusieurs universitaires étrangers. Malheureusement, le temps presse et les évènement s'accélèrent, et je crains que notre demande ne soit déjà obsolète, et insuffisante aujourd'hui pour calmer la rue.

Appel à la signature du Pacte des compétences tunisiennes engagées.

Chères compétences citoyennes,
Où que vous soyez, quelles que soient vos compétences, engagez-vous pour le peuple tunisien et pour notre avenir commun. 
Lisez, Signez et Commentez le PaCTE (PaCTE des 
Compétences Tunisiennes Engagées) sur :


Le PaCTE est un engagement moral et citoyen dans la vie politique, économique et sociale en Tunisie pour :
  1. Se positionner comme observatoire indépendant, garde-fou des acquis de la révolution
  2. Offrir un espace pour l’émergence de nouvelles idées
  3. Fédérer les compétences engagées autour d’actions ciblées
Tunisiens de tout horizon, honorons la cause de nos martyrs, oeuvrons pour un avenir meilleur pour toutes les générations, engageons-nous à reconstruire notre pays et mettons notre énergie et nos compétences au service de la Nation :

302 compétences Tunisiennes ont déjà signé le PaCTE

Le PaCTE
Je soussigné(e), citoyen(ne) tunisien(ne), m’engage à préserver et défendre les acquis de la révolution du peuple tunisien du 14 janvier 2011, et m’engage à :
  • Mettre mes compétences et mon expérience au service de la Nation et de son peuple souverain.
  • Contribuer à garantir une vie digne à chaque citoyen tunisien.
  • Être intègre, servir l'intérêt national, lutter contre la corruption, le favoritisme, le culte de la personnalité, l’injustice et toute forme d’exclusion.
  • Oeuvrer pour la garantie de la liberté en la préservant de toute dérive extrémiste.
  • Respecter la démocratie dans la Tunisie de demain et le pluralisme de son paysage politique.
  • Soutenir les démarches participatives pour une meilleure représentativité de la société civile.
  • Contribuer à garantir l’égalité des chances entre tous les Tunisiens et dans toutes les régions.
Les AXES du PaCTE
1- Garde-fou : le PaCTE se positionne comme un observatoire indépendant qui oeuvre pour le respect des revendications de la révolution. Sur le court-terme ceci entend : suivre le bon déroulement du processus électoral, analyser les programmes des candidats, dénoncer toute démagogie et dérive extrémiste, etc.
2- Force de proposition : le PaCTE est un espace ouvert pour l'émergence de nouvelles idées. Nous nous proposons de développer une plate-forme participative sur Internet où les idées de chacun seront écoutées et débattues. Le PaCTE portera ensuite celles votées par une majorité de ses signataires auprès de tous les médias afin de peser sur le choix des décisionnaires.
3- Force d'action : le PaCTE, de par sa position de garde-fou et sa force de proposition, fédérera ses signataires autour d’actions concrètes sur le terrain. Il peut être à la fois meneur de projets comme contributeur à des initiatives d’autres instances (à condition que celles-ci respectent les principes du PaCTE). Les actions menées sous le nom PaCTE bénéficieront du soutien de ses membres et d’une couverture médiatique pour un meilleur impact.
Vous pouvez signer le PaCTE, lire et commenter 
les autres propositions des autres signataires sur : http://pactetunisien.org/#JeSigne



Si vous adhérez au PaCTE et que vous souhaitez contribuer à nos efforts pour la Tunisie de demain, n'hésitez pas à transférer cet email à vos contacts.
P.S. : Vous pouvez vous aussi apporter votre contribution au PaCTE. N’hésitez pas à nous le signaler dans les commentaires.

Création d'un groupe de réflexion. Mohamed Ali Mrad.


Bonjour,

Je vous invite à consulter notre site : www.tunisie-democratique.org qui a
pour objectif de promouvoir la démocratie en Tunisie et de constituer un
groupe de réflexion et de pression pour aider à installer la démocratie dans
notre pays.

Je vous invite à consulter régulièrement ce site qui sera alimenté
quotidiennement avec de nouveaux articles de fond.

Vous êtes également le bienvenu pour publier vos articles personnels et
aucune censure ne sera appliquée dans le cadre de notre ligne éditoriale.

Enfin, je vous invite également à relayer cette information auprès de vos
amis et relations afin que nous soyons les plus nombreux possibles pour nous
informer et participer activement.

Faites un geste simple pour la démocratie en Tunisie. Transférez cet email à
vos contacts et relayez l’information au plus grand nombre.

Bien cordialement,

Mohamed Ali M'rad

Le courage ne hurle pas toujours.

Courage doesn't always roar.  Sometimes courage is the little voice at the end of the day that says I'll try again tomorrow.  Mary Anne Radmache


Elyes Jouini pourrait intégrer le Gouvernement d’union nationale

(ATTENTION:   information non confirmée !)

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M. Taieb Baccouche, porte-parole du gouvernement d'union nationale, a déclaré, mardi soir que la composition du nouveau gouvernement sera annoncée mercredi 26 janvier 2011.

M. Baccouche a ajouté qu'un mouvement dans le corps des gouverneurs et dans certaines ambassades sera annoncé, aussi,merceredi.

A ce sujet, nous apprenons de sources dignes de foi que des pourparlers pour le remplacement de certains ministres dans le gouvernement de transition ont été entamés avec l’un des Tunisiens vivant à l’étranger. Selon ces mêmes sources il s’agit de M.Elyes Jouini.

mardi 25 janvier 2011

Poème, de Ali Saada, Universitaire.

UGTT tu as perdu toute ta crédibilité!
Tu essaies de te refaire une virginité
En mettant notre Tunisie en danger,
Parents et élèves ne sont pas consultés,
Pour une grêve qui aurait bien pu être reportée,
Tes représentants ne savent même pas parler,
Ils braillent a la radio et à la télé
Des idées qui ne représentent que leurs intérêts.
As-tu la mémoire courte, as-tu oublié?
Comment tu négociais nos intérêts?
Et aujourd'hui tu veux t'appropprier
Une révolution que tu n'a jamais appuyé
Parmis toi il y a bien des gens sensées
Laissez les alors refaire ta légitimité
El Hammi et Hached n'auraient jamais souhaité
Te voir ainsi profiter de ce peuple révolté

Réunion avec les étudiants de l'ENIT

Ce mardi 25 janvier 2011, le directeur de l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Tunis (ENIT) s'est réuni avec les élèves ingénieur afin de discuter avec eux du planning des éxamens qui débutent jeudi 27 janvier. En dehors de quelques étudiants, les élèves présents étaient convaincus que la meilleur façon de rendre hommage aux martyrs était de reprendre les cours vau plus vite.


Je crois que le meilleur témoignage de cela est l'intervention de cette étudiante, originaire de Kasserine, la ville qui compte le plus de martyrs (près d'une cinquantaine).


lundi 24 janvier 2011

Plan d'action ATUGE Tunisie,

Réunion des enseignants de l'ENIT à l'appel de la cellule de la FGESRS de l'UGTT et du Directeur.

Lundi 24 janvier 2011 de 10h00 à 12h30.
La majorité des enseignants de l'ENIT ont appelé à une reprise immédiate des cours. Suite à un vote à une très forte majorité il a été décidé de reprendre les examens le jeudi 27 janvier 2011. L'Ecole est ouverte aux étudiants depuis ce lundi 24 janvier.

Une vingtaine d'enseignants a pris la parole, et ont exprimé leur avis concernant la raprise des cours. Il n'y avait que deux interventions qui étaient défavorables à la reprise des cours. Les raisons évoqués sont les suivantes :

- Soutenir les revendications du peuple.

- Obtenir des réponses du gouvernement pour obtenir des détails concernant la fuite du dictateur et d'autres questions relative au rétablissement de la sécurité.

- Retarder la reprise des cours (d'un mois) afin de permettre aux étudiants une reprise dans de bonnes conditions.

- Etre à l'écoute du peuple qui continue le combat dans la rue pour le soutenir jusqu'à la chute de l'ensemble du gouvernement actuel.

La majorité des enseingnants sont donc favorable à la reprise des cours et les commentaires des un et des autre reprenaient les points suivants :

- Reprise des cours dans les meilleurs délais.

- Être à l'écoute des étudiants et de leurs propositions.

- Lueur d'espoir extraordinaire. Plusieurs acquis depuis le début de la révolution. Consolidation de la démocratie.

- Permettre aux étudiants de s'exprimer dans l'enceinte de l'université.

- Permettre aux travailleurs journaliers de gagner leur vie et nourrir leur famille. Cela ne nous empêche pas de remettre en cause la composition du gouvernement par d'autres moyens pacifiques.

- Certains sont prêts à soutenir le gouvernement provisoire, s'il est capable de nous donner des garanties qu'un 7 novembre bis n'est pas en train de se préparer.